LA BULGARIE

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LE SENS PROPRE DE LA MER NOIRE

A peine la frontière Roumaine passée, je me dirige directement vers le pont qui m’emmène droit en Bulgarie.

Ahhhh, La Bulgarie, un des pays que j’attendais le plus dans ce voyage, ce pays d’une mixité de paysages incroyables avec un passé plus ou moins glorieux, mais aussi le pays qui me montrera  pour la première fois la? la? laaa?

Merci Julien!

La mer noire, c’était l’un des buts de mon voyage, me faire le losange européen, le nord de la Norvège, le sud de la Grèce, la mer noire pour l’est et la Vendée pour l’ouest !! Et m’y voilà !!

Je me dirige donc, directement vers Varna, sans freiner, j’attends la mer depuis l’été passé, après l’hiver incroyablement froid que j’ai vécu, je ne peux plus attendre!

Arrivé à la plage, je saute dans le short tout en courant vers la mer, pour y faire le plongeon le plus emblématique de mon voyage, j’accélère, atteint la plage… et biiiiiim, chocapic sur un pneu, je fini la tête dans le sable entre 2 bouteilles plastiques !! welcome to Bulgaria !

Faut dire, l’embouchure du Danube est à quelques kilomètres au dessus, ce fleuve qui traverse les pays les moins en harmonie avec la nature emporte avec lui une jolie collection du petit chimiste.

Pas une seconde à perdre, à peine arrivé, j’enfile la tenue d’éboutripeur et pars donc à la cueillette des  déchets  qui se mettent entre moi et la mer, et il y en a !! La Bulgarie sera une bataille salée, c’est sûr !! Elle porte bien son nom cette mer!!

Quelques déchets plus tard, les sacs sont pleins, je vais pouvoir profiter de l’un des  couchés de soleil les plus extraordinaires de ma vie.

La côte noire

J’ai ensuite continué en longeant la côte, de Nessebar à Burgas, traversé des villes fantômes remplies d’hôtels de luxe qui seront d’ici l’été envahis de touristes principalement Nord Européen. Mais pour le moment, il est même compliqué de trouver quelques choses à manger!

 

PS : C’est d’ailleurs ce qui m’a choqué le plus, des centaines d’hôtels  luxurieux  vides et des millions de Bulgares qui vivent en bidons villes ou immeubles insalubres  quelques kilomètres plus loin dans les terres, comme quelque chose qui ne tourne pas rond ici!

Arrivé à Nessebar, je me stationne sur une plage. Après tout, tout est fermé, personne ne me dira rien. J’en profite pour me baigner un peu, nous sommes en Mars, l’eau n’est pas chaude mais franchement, tester la mer la plus salée au monde, c’est pas tous les jours!!

Déçu de ne pas pouvoir marcher dessus, comme je l’imaginais, je me soulage en grattant les mégots sur la plage. A vrai dire pas besoin d’aller loin, le temps de faire le tour de mon corps, j’avais déjà plus de 600 mégots dans mon sac!!

 

Au delà de ça, Nessebar vaut le détour. Cette presque-île remplie d’histoire est très bien conservée, et hors saison, c’est un plaisir à visiter.


Je passe la nuit et repars. Plus j’avance plus je m’enfonce dans cette vague de poubelles, je stoppe, ramasse, jette, stoppe ramasse, jette… je n’arrête pas!! Ma pince agonise un peu plus encore à chaque gobelet Mc Do qu’elle ramasse. Et pourtant, aucun touriste, tout est vide, mais tout est sale!! vivement la saison!!

AVANT / APRES

Et pourtant, comment peut-on maltraiter un paysage d’une beauté pareille, hein??

La route vers l’Ouest

Après une bonne nuit, je décide de rejoindre le centre de la Bulgarie, pour découvrir le vrai visage de ce pays, et je ne vais malheureusement, pas être déçu…

Pour le coup, j’en perds mes mots…et même mon humour, une vidéo vaut plus qu’un long texte!

Là, je suis resté sur le cul et je n’ai pas vraiment compris, le gouvernement ne met même pas en place de ramassage, les gens vivent dans la « merde », et rien est fait…et ce n’est malheureusement pas un cas isolé! L’image de l’UE en 2017, c’est ça!

Je me suis dirigé ensuite vers les montagne pour rejoindre Veliko, mais sur ma route, au sommet de la plus haute montagnes du centre Bulgare, j’aperçois un étrange bâtiment venu d’ailleurs, sous ses airs de soucoupe, l’imposante structure domine toute la région et est visible à 100 km à la ronde!

Après 20 kilomètres de montée sans fin sur des routes à nids d’autruches, je me stationne devant ça! Mais qu’est ce que ce truc tiré tout droit d’un film d’horreur??

et bien le BUZLUDSHA était en fait le repère du partie communiste de l’époque soviétique, ici se tenait les réunions des plus grands dirigeants soviets. Ce bâtiment a  coûté 7 millions d’euros et n’a servi que 9 ans avant la chute de l’URSS en 1989, il a depuis été laissé à l’abandon, faute de moyens et c’est donc maintenant le repère des fans d’URBEX (d’exploration urbaine à l’abandon) Le visiter, malgré l’interdiction, est quelque chose d’exceptionnel.

Nombreux sont les voyageurs qui viennent grimper cette montagne pour voir ce monument, et donc j’ai dû encore une fois, satisfaire mon égo en ramassant leurs restes sans doute trop lourds pour leurs pauvres petits dos!

AVANT / APRES

Pour la petite histoire, j’ai passé une nuit dans la forêt devant ce monument, et le matin, en voulant photographier le levé du soleil sur ce sommet, j’ai fait nez à nez  avec un grizzli qui squattait juste devant la porte du van, il faisait encore nuit, et bien je te garanti que la surprise, je ne l’ai pas vraiment kiffé sur le coup!

Veliko et les alentours

Arrivé à Veliko, je découvre une ville touristique très attractive et jolie, le centre ville n’a rien à envier aux plus belles villes d’Europe. Et pour la première fois en Bulgarie, je découvre des bacs de tries, surement pour la décoration!

 

Mais encore une fois, pas besoin d’aller bien loin pour voir l’étendue des dégâts, c’est bien simple, dans cet article, j’ai l’impression de vous montrer que des poubelles!!

AVANT / APRES

Je passe la nuit sur place et repars quelques kilomètres plus loin à la recherche d’un coin plus tranquille. Aux alentours d’un petit village, je m’engage sur un chemin gravillonneux, ça secoue dans tous les sens, le van souffre terriblement, mais au bout je découvre ça!

Enfin plutôt ca!! 

(Trop mignon les amoureux qui se prennent en photo en essayant d’éviter de photographier la réalité!!)

Je me stationne, prépare mon repas en observant tel un chasseur, la réaction des dizaines de personnes qui passent ici….aucune, un couple me demande même de les prendre en photo devant la cascade, je leur demande si rien ne les choque, pas de réponses!! J’arme donc ma pince, et m’apprête à rentrer en guerre devant tous les touristes pique-niquant ici. Un homme me voit faire, s’approche et me demande avec un accent très  anglais ce que je fais. Je lui explique, il s’écarte, prend un sac et me rejoint avec 2  de ses amis, « On va t’aider, ce n’est pas normal ce qui se passe ici »

Nous voilà, 3 anglais et moi à ramasser les déchets devant la dizaine de Bulgares présents, mais pas 1 seul ne se lèvera pour nous filer un coup de mains!

5 minutes, 468 cigarettes et 7 kilos de déchets plus tard, voilà l’endroit propre! L’effort était petit pour la récompense!

En espérant qu’il en restera ainsi….Mouèèèèè!

Melnik

Après une pause sur ce bord de rivière, je reprends la route vers ma dernière étape Bulgare, Melnik et ses pics tranchants, ses monastères et ses prairies sauvages….du moins selon internet!!

Melnik est l’un des derniers villages avant la frontière Grecque, l’occasion de faire le plein de nature avant les villes sur-animées et touristiques de Grèce… et bien oui, là c’est tout le monde en liberté, les vaches, les chiens, les moutons, les hommes… Tout le monde vit dans le même champs, et franchement c’est cool!

 
 

AAAAAAAH Ba voilà!!! Enfin un endroit en Bulgarie où la nature a tous ses droits….bon enfin presque! faut pas déconner non plus, l’humain a le droit d’imposer son style un peu ici aussi!

 

Aller, il est temps de rejoindre la Grèce, je fais le plein de bouffe et je me dirige vers Kerkini lake… pour y trouver mon nouveau compagnon, mais ça, tout de suite, je ne le sais pas encore 🙂

Bilan

Plus j’avance, plus je découvre que l’humain n’a pas de limites en matière de stupidité, La Bulgarie en fait partie intégrante. Violation des directives  sur les oiseaux sauvages, destruction de zones protégées pour construire des hôtels ou circuits automobiles… Eaux usées de ces hôtels rejetées en pleine mer, après tout pourquoi pas! Chauffage au charbon et nucléaire qui engendre l’émission de CO2, la pollution des eaux et des sols Pollution aussi due à la très mauvaise gestion des déchets, notamment nucléaires, déchetterie à ciel ouvert et de préférence près des rivières et bien sûr, déchets en tout genre sur les routes. Et pour couronner le tout, Sofia, la capitale, détient la palme de la ville la plus polluée d’Europe… en gros, « la protection de l’environnement » voilà quelques mots qui n’existent pas en Bulgarie !!

 

Et pourtant, durant l’époque communiste, comme en Roumanie, l’écologie était bien ancrée dans les esprits :

 

« La collecte des déchets est une pratique familière aux Bulgares. Sous le régime communiste, les élèves étaient obligés de collecter une certaine quantité de papiers, de vieux journaux, de verres et de métaux, et de les livrer aux entreprises spécialisées contre des sommes modiques. Le déclin de ces pratiques après 1989 a été brusque. Les centres de collecte ont disparu, et les questions de ramassage et de gestion des déchets ont été occultées pendant près de vingt ans. »

@regard-est

Des mesures commencent à être mise en place, suite aux nombreuses condamnations par la cours de justice de l’UE, mais est-ce trop tard? quel est donc l’avenir de ce pays? Pour moi, vu l’étendue des dégâts… il est plus que temps!

Bilan du ramassage :

Kilomètres parcourus : 1300 Km

Temps passé : 15   jours

Essence consommés : 130 Litres

Pollution réalisée : 296   Kg CO²

Déchets ramassés : 67   Kg ET 1867 Mégots

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Tu peux visionner toutes mes photos plus facilement ici : Albums

Une réponse

  1. veronix
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    Bonjour, je voulais te féliciter pour ce retour d’expérience concernant la Bulgarie où j’ai vécu durant presque 5 ans et où j’ai fait les même constatations que toi. Comment peut-on se servir d’un tel environnement pour le transformer en décharge à ciel ouvert ? Le long de la petite route idyllique qui mène au Monastère de Rila, des rideaus de sacs en plastique pendent aux sapins. Le long de certaines routes de province, les ordures brûlent à ciel ouvert toutes les nuits. Sous le télésiège qui mène au Mont Vitosha, on découvre au printemps lorsque fond la neige que des skieurs en profitent pour apporter leurs sacs poubelle qu’ils balancent par la fenêtre de leur gondole, etc, etc… Quel gâchis ! En tous cas merci d’attirer l’attention sur ce que je considère comme l’un des gros drames de cette transition postcommuniste qui n’en finit pas. Bien amicalement. Véronique

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